✒️ Côté plume – Chapitre 3 : Réécrire, c’est écrire autrement

Quand on pense à l’écriture, on imagine souvent la naissance d’une histoire, les mots qui coulent, les idées qui se bousculent. Mais il existe une étape moins glamour, souvent plus longue, parfois douloureuse : la réécriture. C’est là que le texte prend réellement forme.


La face cachée du métier d’autrice

Écrire un premier jet, c’est grisant. Les personnages vivent, les scènes s’enchaînent, l’histoire existe enfin. Mais soyons honnêtes : un premier jet n’est jamais publiable. Derrière les jolies phrases, il y a toujours des maladresses, des répétitions, des incohérences.
La réécriture, c’est accepter de reprendre, d’affiner, de couper. C’est le moment où l’autrice se transforme en artisan, ciseau et pinceau à la main.


Réécrire, c’est relire avec un autre regard

J’aime comparer cette étape à un voyage retour : on connaît déjà la route, mais cette fois on prend le temps de s’arrêter, de regarder les paysages autrement, de corriger les virages mal négociés.
Relire, c’est se demander : Est-ce que cette scène a sa place ? Est-ce que ce dialogue sonne juste ? Est-ce que le rythme emporte vraiment le lecteur ?


Mon expérience concrète

Avec Le Traître du Kremlin, j’ai compris à quel point la réécriture pouvait être exigeante. Certaines scènes écrites avec passion se sont révélées inutiles. D’autres, au contraire, se sont étoffées pour devenir des pivots essentiels.
C’est un mélange d’humilité (savoir couper) et d’obstination (tenir bon même quand on a l’impression de ne pas avancer).

Et surtout, il y a une étape que j’adore : imprimer le premier jet. Le tenir entre mes mains, le surligner, le gribouiller, ajouter des flèches et des post-its. L’annoter sur papier change tout : je vois différemment mes phrases, mes personnages, mes faiblesses. C’est souvent là que je prends conscience des vraies priorités de la réécriture.


Les outils qui m’aident

  • Mes carnets : pour noter les ajustements, créer des timelines corrigées.
  • Mon classeur d’autrice : il me sert à suivre mes étapes de réécriture, scène par scène.
  • Le premier jet imprimé et annoté : un passage indispensable pour prendre du recul.
  • L’ordinateur : pour la version retravaillée, plus claire, plus fluide.
    Et puis… beaucoup de café, quelques balades avec Vika et Naya, et parfois l’oreille attentive de mes proches ou de ma coach Karine. 🙂

Conclusion

Réécrire, ce n’est pas trahir son texte, c’est lui donner toute sa puissance. Derrière chaque roman qu’on aime, il y a des heures de doutes, de corrections, de relectures.
Pour moi, cette étape est exigeante, mais aussi libératrice : c’est le moment où l’histoire cesse d’être un brouillon et devient enfin un vrai récit.

👉 Le mois prochain, dans le Chapitre 4 de Côté plume, je vous parlerai de l’inspiration : ces petites étincelles du quotidien qui se transforment en histoires.

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