[Des plumes et moi] Entretien avec Nour Malowé

Bonjour les bookineurs !

J’espère que vous allez bien. En cette semaine de reprise, je suis ravie de vous proposer une interview en lien avec l’une de mes lectures de la rentrée littéraire, une sortie de cette semaine qui plus est ! Ce week-end, nous allons le passer en compagnie de la talentueuse Nour Malowé dont le dernier roman, Le printemps reviendra, est paru ce jeudi aux Editions Récamier. Un roman poignant, émouvant, plein de douceur mais aussi sombre puisqu’il relate la montée des Talibans sur Kaboul en 2021. Je ne peux que vous recommander cette lecture !

En attendant, je vous laisse en compagnie de l’autrice, en espérant que cela vous donne envie de découvrir son univers littéraire.

Bonne journée !

  • Bonjour Nour. Pouvez-vous vous présenter pour celles et ceux qui ne vous connaissent pas ?

Bonjour, je mets ma biographie officielle, écrite par Récamier. Courte et simple. (Complexe de parler de soi)

Nour Malowé est une autrice française.
Quand elle n’écrit pas, elle travaille dans une équipe mobile qui apporte des soins aux personnes en situation de précarité.
Elle a reçu le prix du Salon de Mazamet pour son premier roman Toulkelila, et Les Rumeurs de la Terre a remporté le prix des Gourmets des Lettres de la ville de Toulouse 2015, le prix Figeac 2015 et le prix de la LICRA 2017.
Nour vit près de Toulouse.

  • Que représente l’écriture pour vous ? Depuis quand écrivez-vous ?

J’écris chaque matin, très tôt. Je suis assurée, quelles que soient mes obligations suivantes,  d’avoir accompli ma part de littérature du jour. Toute abstinence de plus de vingt-quatre heures m’appauvrit. (Surtout quand je bâtis un texte, m’en extraire m’est compliqué.) Ecrire me rend heureuse. Je n’éprouve pas la souffrance décrite par d’autres. J’aime travailler, buter sur des obstacles, persévérer. Mon travail d’écriture est celui d’une vie. J’ai le temps de me confronter avec le réel et de trouver par l’imaginaire une voie de secours.

J’écris depuis que je suis petite fille…

  • Votre dernier roman, Le printemps reviendra, vient de paraître aux Editions Récamier ; pouvez-vous nous en parler ?

Marwa est une femme courageuse. Chirurgienne, mère, elle avait fait un pacte avec la vie quand les talibans étaient partis, vingt ans plus tôt d’Afghanistan. Elle sait que le 30 août – au début de l’été 2021, la date du 30 août était avancée – les Américains partiront et les guerriers reviendront. Fin de ses rêves. J’ai écrit ce texte au présent car Marwa éprouve la peur au présent. Elle tente de trouver des stratégies pour sauver sa famille, et surtout sa petite fille.

Je mets ensuite le texte écrit par Récamier.

Ils peuvent tuer toutes les hirondelles, le printemps viendra quand même. (Proverbe afghan)
Afghanistan, juillet 2021.
Kaboul s’habille pour la guerre. Les troupes américaines ont déserté et les talibans sont aux portes de la ville. Marwa, chirurgienne et mère de trois adolescents, le sait : les autrefois sont des lendemains. Ses enfants connaîtront ce qu’elle a vu, vingt ans auparavant. Comment les protéger ? Comment empêcher ceux qui viennent de tout détruire ? Les femmes revêtent leur burqa bleue, les commerçants repeignent leur devanture, la musique cesse de retentir.
La peur est une enclume. Pire que la mort.
Même si les causes perdues ne le sont jamais, Marwa peine à entrevoir une issue heureuse. Elle est face à un choix impossible : fuir ou rester. Mais fuir où ? Pour quelle vie ?

Lire ma chronique sur Le printemps reviendra de Nour Malowé

  • D’où vous est venue l’inspiration pour ce roman ? Quel a été le point de départ ?

J’ai eu la certitude que je devais écrire ce roman le 4 juillet 2021. J’ai pensé combien je serais terrorisée si une horde de guerriers promettait de revenir après vingt ans d’absence. Ce que je ferais de mes rêves, de la paix tant convoitée. En tant que femme, et du plus loin que je me souvienne, j’ai toujours éprouvé la frayeur de vivre dans ce corps en danger. Et qu’en temps de guerre moi et les « miennes » seraient en péril.

  • Vous avez publié ce roman sous le nom de Nour Malowé alors que vos précédents étaient en tant qu’Isabelle Malowé. Pourquoi ce changement ?

Une personne proche de moi est décédée en décembre. Même si cet évènement est très naturel et inévitable, c’est un cataclysme à l’échelle de ma petite vie. Ce prénom correspond à ce changement, cette absence. (A laquelle je ne trouve aucun remède pour l’heure.)

  • Comment vous organisez-vous pour écrire vos romans ? Suivez-vous un plan prédéfini ou laissez-vous la place à l’imprévu au cours de l’écriture ?

En ce qui concerne : Le printemps reviendra, les actualités afghanes ont décidé des évènements. Je me suis lancée dans ce roman avec une certitude triste :  les guerriers seraient vainqueurs fin août 2021. J’avais une idée de ce qu’il adviendrait de Marwa, cette femme chirurgienne et de sa famille. Je n’avais pas imaginé que les guerriers entreraient dans Kaboul le 15 août. J’ai adapté mon imagination chaque jour à la réalité de cet été-là.

  • Avez-vous des projets d’écriture à venir ?

Je bruisse de projets à venir. J’ajoute ceux du présent qui m’occupent beaucoup. J’écris en général plusieurs textes en même temps. Quel bonheur d’écrire !!!

  • Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions. Avez-vous un petit mot pour la fin ?

Merci pour votre intérêt ! Rendez-vous auprès de Marwa.

Interview réalisée en août 2024.

Retrouvez Nour Malowé sur son profil Instagram.

L’ensemble des romans de Nour / Isabelle Malowé est disponible sur Amazon : https://amzn.to/4dxxXBc / https://amzn.to/4dCDB4T .

Un commentaire

Répondre à Bilan lecture #83 – Des plumes et des livres Annuler la réponse.