Premières lignes #205

Bonjour les bookineurs !

Comment allez-vous après cette semaine avec le soleil ? Je ne pensais pas dire cela un jour, mais il me tarde qu’il pleuve ! Si vous me suivez sur Twitter, vous aurez vu mes petits messages de jardinière en apprentissage qui galère à arroser son jardin tous les soirs. ^^

Enfin je m’égare… La semaine de beau temps m’a permis de profiter de la terrasse plus longuement et quoi de mieux que de bons romans pour se détendre après une journée de travail ? Après le très beau roman de Solène Bakowski, Il faut beaucoup aimer les gens, je me plonge dans une valeur sûre du roman de terroir avec Lettres d’un inconnu de Marie de Palet (Editions de Borée).

Bon vendredi et bon week-end !

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Il pleuvait fort ce jour-là. Une pluie fine, tiède et pénétrante qui noyait le paysage depuis le matin et menaçait de durer toute la journée. Le père Laurent, que ce temps contrariait fort, allait et venait dans la cuisine comme un lion en cage. Il rentrait de la grange avec sa figure des mauvais jours et marmonnait dans sa barbe :
— Quel temps ! Mais quel temps ! Et en plein mois de juillet encore.
Personne ne lui répondait, car alors ç’aurait été sur son interlocuteur qu’il aurait passé sa mauvaise humeur. Paul, assis à même le sol, un couteau à la main, s’efforçait d’égaliser un morceau de bois sans savoir ce qu’il en ferait, mais il fallait bien s’occuper en ce temps pourri… Il était impossible de sortir, de rencontrer les copains avec ce ciel qui n’en finissait pas de lâcher des trombes d’eau, interrompant le battage et réduisant la maisonnée en une immense attente qu’ils acceptaient tous plus ou moins bien.
Louis aussi en avait assez de polir son morceau de bois en écoutant le bruit des pas de son père. Paul aussi trouvait cette occupation puérile pour ses douze ans. Il réfléchit : mais que pouvait-il faire d’autre enfermé dans cette cuisine qui sentait la soupe de poireau qui mijotait sur le nouveau fourneau dont sa mère était si fière. Il se leva et parcourut le couloir qui rejoignait la porte d’entrée. Depuis quelques années, ses parents avaient partagé l’immense cuisine et aménage un coin à vivre, une chambre et un débarras où lui et son frère aimaient fouiller, espérant trouver quelque trésor oublié. il était bien décidé à sortir malgré ce temps de chien qui déversait un déluge : tout plutôt que de rester enfermé à surveiller la colère du père et à écouter les petits cris de sa sœur qui parlait à ses poupées. C’est alors qu’il remarqua que la porte du grenier qui donnait sur le couloir était entrebâillée. Il pensa que le père avait dû monter pour voir s’il n’y avait pas de suites : il le faisait souvent en temps de pluie. C’était d’ailleurs en cette seule occasion qu’il montait les marches raides et étroites qui débouchaient directement sous le toit.

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