[Service Presse] Made in Picardie, Jérémy Gaudebert

Made in Picardie

Broché – 170 pages
Publié le 26 novembre 2019
Librinova
– Service Presse –

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~ 4e de couverture ~

Télé-réalité pose les questions des dérives de la télévision et l’audience à tout prix, avec comme principe une chasse à l’homme pour un jeu qui bat tous les records d’audience. Pour faire face à la concurrence, un PDG de chaîne avait créé ce programme révolutionnaire, diffusé en direct à la télévision,mais aussi sur internet. Décor de jungle urbaine, prises de risques pour rendre accros les téléspectateurs, cela faisait appel à des mises en scène toujours plus spectaculaires, toujours plus dangereuses. En janvier, une première candidate eut le droit de tenter sa chance, ce fut Isabelle, mère de famille trentenaire avec un mari malade, elle s’était dit que c’était maintenant ou jamais pour changer de vie. Pour la première fois le jeu était délocalisé sur les terres de la proie, à Amiens pour donner un avantage à celle-ci. Jusqu’où ira cette traque en direct ?

VRP est un roman social, avec un choc des générations entre Francis, un démarcheur en surgelé et Max qui doit réaliser son stage de troisième dans cette entreprise. Tous deux forment un duo contrasté. Au fil des livraisons et des démarchages à travers la Somme, ils doivent s’apprivoiser, apprendre à se connaître. Des rencontres, des événements vont ponctuer leur périple et tisser des liens d’amitié entre ces deux personnages aux caractères bien différents. Par cette rencontre, j’y décris mon département dans sa ruralité profonde, mais par ce prisme j’y dénonce les conditions sociales et le déclin économique de ses terres.

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~ Mon avis ~

~ Télé-réalité ~
– 94 pages –

J’ai eu un peu de mal à entrer dans cette histoire. Au début, on nous expose les enjeux de la télévision, la course à l’audimat, les prémices d’une émission révolutionnaire de télé-réalité où tout va être poussé à l’extrême. Toute cette partie bien que nécessaire pour poser la base de l’histoire à venir, est très factuelle, presque comme un article de journal.

Néanmoins, dans la deuxième partie, on s’attache à la candidate d’Isabelle. On se sent proche d’elle, on a envie de l’aider, qu’elle réussisse. On partage ses peurs, ses angoisses. Cette partie beaucoup plus romancée, m’a plus captivée et je tournais les pages avec frénésie pour découvrir la suite.

Avec ce roman, Télé-Réalité, Jérémy Gaudebert pousse à son paroxysme les enjeux, les règles de la télévision. De nos jours pour faire de l’audience, il faut être trash, faire des dérapages en direct. Il grossit le trait pour les téléspectateurs, toujours plus manipulables, presque abrutis par ces émissions sans intellect.

Pour ce deuxième roman, la plume de l’auteur s’affine même si on sent qu’elle est encore perfectible. Il reste encore quelques maladresses et tics de langage mais l’auteur n’en étant qu’à ses débuts on le pardonne aisément, tellement il traite un sujet plus que jamais d’actualité avec brio.

~ VRP ~
– 76 pages –

Je remets ici ma chronique que j’avais publiée en juin sur VRP.

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en ouvrant ce roman. On y fait la connaissance de Francis, VRP depuis toujours, c’est d’ailleurs le plus ancien employé de « Gourmets Surgelés » dont il déplore l’évolution plus commerciale que proche des clients. Francis est de l’ancien temps. Celui où la technologie n’a pas sa place et ne remplacera jamais les relations humaines directes. Depuis trente ans qu’il est dans cette boîte, ses méthodes de travail n’ont pas évoluées : il roule toujours dans sa BX, avec sa vieille glacière qui fait plus ventilo qu’autre chose. Mais il est comme ça Francis, il n’aime pas le changement.

Un jour, sa société lui impose un stagiaire pour deux semaines. Il rencontre donc Max, quinze ans. Max n’est pas là par choix, aucune autre société n’a voulu de lui pour faire son stage de 3e. Max et Francis ont tout qui les oppose, ils forment un duo des plus étonnants. Pourtant au fil des jours, des liens vont se tisser, ils vont s’apprivoiser l’un et l’autre.

La plume de Jérémy Gaudebert est très agréable à lire. On suit facilement et agréablement Max et Francis sur les routes picardes. On s’attache rapidement à ces deux personnages et on passe par nombre d’émotions.

VRP est une tranche de vie d’un bourru de la cinquantaine à qui la vie n’a pas fait de cadeau. Il rencontre un jeune garçon pour qui il va avoir une grande importance dans sa vie.

Etant native de la Somme, j’ai trouvé intéressant qu’un auteur écrive sur ce beau département. Seulement hormis la ville d’Amiens, aucune localité n’est nommée et j’ai trouvé ça dommage. De ce fait on ne sait pas trop où vivent les personnages, où se rendent Francis et Max pour les livraisons. Tout cela reste flou. J’aurais beaucoup aimé retrouvé des localités connues (ou à découvrir !). De plus, on a l’impression qu’à part Amiens qui est une ville, le reste du département n’est que champ, camping, petits villages… On est si arriérés que ça ? Sans avoir de grandes villes, comme dans l’Oise, la Somme est quand même un minimum urbaine !

J’ajouterai également qu’à aucun moment le sigle VRP n’est expliqué, ce qui est dommage car sauf si on a côtoyé de près ou de loin le domaine professionnel, on ne sait pas ce que c’est avant d’être bien avancé dans la lecture. Donc VRP : Voyageur, représentant et placier. Grosso modo, c’est ce qu’on appelle souvent les commerciaux qui font du démarchage (téléphonique ou à domicile).

En tout cas, c’est un auteur que je suivrai car j’ai été très agréablement surprise de la facilité avec laquelle il m’a fait ressentir des émotions avec Francis et Max et que je n’ai pas vu le temps passé à lire.

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