Coucou les amis !
On y est. C’est le dernier jour avant les vacances scolaires. Plus que quelques jours pour préparer le réveillon de Noël. Pour ma part, je vais être moins présente sur les réseaux sociaux dès demain et jusqu’à Noël car je serai avec une amie, puis en famille. Mais pas d’inquiétudes, les articles sont d’ors et déjà prévus pour le blog. 😉
Pour cet avant-dernier Premières lignes de 2018, j’ai choisi l’incipit de Mute de Joseph Kochmann, histoire de vous plonger dans les premiers mots de ce roman atypique.
Bon vendredi !
Prologue
Antoine avait faim.
Pas le genre de faim que l’on pouvait ressentir après une longue journée de travail dans un bureau étouffant à trier des papiers administratifs pour le patron. Non. La faim d’Antoine était bien plus forte. Il était tout de même étonnant d’être surpris en premier lieu par la faim quand le métier consistait à donner des coups de pioche dans ce qui ressemblait à un puits de pétrole vide et abandonné au milieu d’un désert aride et brûlant. Pour Antoine, un être humain normal devait surtout avoir soif dans ce genre de situation. Ce n’était pas la seule chose qu’il présumait d’ailleurs. Petit déjà, il supposait que les gens n’étaient pas ce qu’ils semblaient être, que le ciel cachait des bestioles à tentacules verts, et qu’il n’était normal pour un enfant de son intelligence d’aller à l’école – et son père avait supposé qu’il serait mieux pour lui d’arrêter de dire des conneries s’il ne voulait pas s’en prendre une. Mais, pour le moment, Antoine avait faim et c’était tout c qui comptait. Du moins, il le pensait. De quoi avait-il faim après tout ? Antoine énuméra dans sa tête le nombre de réponses possibles à cette interrogation. Bien entendu, dans la tête du jeune homme de dix-neuf ans et demi, le sexe apparut en premier. Néanmoins, l’adolescent ne sentait absolument aucun durcissement du côté de son caleçon – et franchement, ça non plus ce n’était pas normal, selon lui ; surtout après une abstinence de plusieurs jours et une matinée sans satisfaction personnelle. La nourriture approcha le bout de son nez en deuxième position. Seulement, Antoine remarqua que l’idée même d’un steak frites lui donnait la nausée. Rien ne vint en troisième position. Et pourtant, ce rien semblait être la réponse même à sa question. Antoine le savait au plus profond de lui-même. Il n’avait faim de rien. Mais une atroce faim de rien. Une faim monstrueuse et incontrôlable de rien…

A reblogué ceci sur Le Bien-Etre au bout des Doigts.
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