✒️ Côté plume – Chapitre 8 : Le syndrome de l’imposteur

Il y a un moment étrange, dans le parcours d’écriture. On écrit depuis longtemps. On a des carnets pleins. Des fichiers ouverts. Des projets qui avancent. Et pourtant, dire « j’écris » reste difficile.

Pas par modestie. Par illégitimité ressentie.


Écrire sans jamais se sentir vraiment à sa place

Le syndrome de l’imposteur ne m’a pas empêchée d’écrire. Il m’a empêchée de me reconnaître comme autrice.

Écrire, oui. Assumer, beaucoup moins.

Il y avait toujours une bonne raison de ne pas me sentir concernée : pas publiée, pas “assez avancée”, pas “assez sérieuse”, pas “assez légitime”. Comme si l’écriture devait être validée de l’extérieur pour exister vraiment.


Cette voix qui relativise tout

Le syndrome de l’imposteur est discret. Il ne dit pas « tu es nulle ». Il dit : « C’est bien… mais d’autres font mieux. »
« Ce n’est qu’un hobby. » « Attends encore un peu avant d’y croire. »

Il transforme chaque avancée en exception, chaque réussite en hasard. Et surtout, il empêche de savourer.


Comparer pour mieux disparaître

Il se nourrit de la comparaison. Des parcours plus rapides. Des auteurs déjà publiés. Des voix plus sûres, plus visibles.

Et dans cette comparaison permanente, on finit par se réduire. Par minimiser son travail. Par se dire qu’on n’a pas encore “le droit”.

Alors que l’écriture, elle, est déjà là. Vivante. Insistante.


Ce qui m’a aidée à déplacer le regard

Je n’ai pas vaincu le syndrome de l’imposteur. Je doute même qu’on le fasse un jour complètement.

Mais j’ai appris à ne plus attendre sa permission.

À écrire même quand je doute. À avancer sans me demander si j’en ai le droit. À reconnaître le travail accompli, même sans validation officielle.

Et surtout, à comprendre que la légitimité ne tombe pas du ciel. Elle se construit. Lentement. À force de pages.


Dire « j’écris »

Il y a quelque chose de profondément intime dans ces deux mots. Les dire à voix haute, c’est s’exposer. C’est accepter le regard de l’autre. C’est aussi, parfois, accepter de ne pas être comprise.

Aujourd’hui, je n’ai pas toujours confiance. Mais je dis « j’écris ». Pas comme une revendication. Comme un constat.


Conclusion

Le syndrome de l’imposteur ne disparaît pas quand on devient légitime. Il s’atténue quand on cesse d’attendre de l’être.

Je n’écris pas parce que je suis reconnue. J’écris parce que l’écriture est là, depuis longtemps, et qu’elle insiste.

Et peut-être que la légitimité commence exactement à cet endroit-là : au moment où l’on continue, même sans certitude.


👉 Dans un prochain chapitre de Côté plume, je parlerai peut-être du regard des autres. Ou de ce que l’écriture transforme, doucement, en nous. Ou de ce qu’on accepte enfin de ne plus justifier.

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