
Broché – 224 pages
Publié le 2 avril 2025
Dark Side Editions
– Livre reçu à titre gratuit –
– Collaboration non rémunérée –
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~ 4e de couverture ~
Le 17 novembre 2008, à l’Assemblée nationale, une minute de silence est observée en hommage à Jean-Marie Demange, député de la neuvième circonscription de Moselle. Quelques heures plus tôt, l’ancien maire de Thionville a pourtant tué son ex-maîtresse, Karine Albert, d’une balle dans la tête, avant de retourner l’arme contre lui. Mais, à la tribune, rien ne filtre de cette tragédie donnée en place publique, depuis le balcon d’un appartement.
Dix-sept ans plus tard, Sophie Loubière enquête sur ce drame tombé dans l’oubli. Dans sa quête de vérité, elle replonge dans une époque où le mot « féminicide » n’existait pas encore, retrace les faits, recueille des témoignages et dissèque les fragilités personnelles du meurtrier, ainsi que les mécanismes sociaux et politiques qui ont rendu son geste possible.
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~ Mon avis ~
Certains livres ne se contentent pas de raconter.
Ils réveillent.
Ils bousculent.
Ils vous obligent à regarder en face ce que la société préfère dissimuler sous un silence poli.
Et Une minute de silence, de Sophie Loubière, fait partie de ceux-là.
Le point de départ ? Une affaire bien réelle : en novembre 2008, Jean-Marie Demange, député, tue son ex-compagne Karine Albert avant de retourner l’arme contre lui. Quelques jours plus tard, l’Assemblée nationale lui rend un vibrant hommage. Pas un mot sur Karine.
Silence radio.
Silence complice.
Silence assassin.
Sophie Loubière, journaliste et romancière, choisit de remonter le fil de cette affaire comme on remonte un courant à contre-sens. Elle donne un nom, un visage, une voix à la victime. Elle fouille. Elle reconstitue. Elle interroge les témoins, les proches, les non-dits. Mais surtout, elle refuse l’oubli.
L’écriture est à la fois sobre et percutante. Documentée mais jamais froide. Elle touche, parce qu’elle est profondément humaine. Il n’y a pas de sensationnalisme ici, pas de pathos inutile. Juste la volonté farouche de faire entendre ce qui a été étouffé.
Lire Une minute de silence, c’est accepter de plonger dans un malaise. Celui d’un féminicide recouvert par les honneurs officiels. Celui d’une société qui efface la victime pour pleurer le bourreau.
Le récit est lent, posé, mais lourd de sens. Il interroge nos institutions, nos réflexes, nos silences. Il ne propose pas de solution miracle. Il tend juste un miroir. Et parfois, ce miroir fait mal.
💔 À lire si :
- Vous cherchez une lecture engagée, entre enquête journalistique et plaidoyer féministe.
- Vous aimez les récits qui donnent la parole aux oubliées.
- Vous appréciez les livres qui poussent à réfléchir bien après la dernière page.
🚫 À éviter si :
- Vous êtes en quête d’un thriller haletant ou d’un roman léger.
- Les récits de violence conjugale ou de féminicide sont trop lourds à porter émotionnellement.
- Vous n’avez pas envie de voir vos certitudes secouées.
Un livre nécessaire. Brut, digne, bouleversant.
Sophie Loubière signe ici bien plus qu’un récit : un acte de mémoire.
Et face à ce silence, on ne peut qu’écouter. Et ne jamais l’oublier.
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