Premières lignes #209

Bonjour les bookineurs !

J’espère que vous avez passé une belle semaine. Je dois dire que la formation en juin, finalement ce n’est pas si mal, ça permet de se resourcer pour affronter les dernières semaines d’école. 🙂

J’ai bien avancé dans mes lectures de la semaine et je lis deux livres en parallèle. C’est rare que je le fasse mais comme l’un d’eux n’est pas un roman, je peux le faire sans souci de mélanger les intrigues. Ce vendredi, je suis donc dans la lecture de Je dépense comme je suis de Joseph Agostini (Editions Leduc) et Le cœur du démon, Tome 1 d’Aidan Fox (auto édition). C’est d’ailleurs ce dernier que j’ai choisi pour partager les premières lignes aujourd’hui.

Bon vendredi et bon week-end (et attention aux coups de chaleur !).

PROLOGUE

Lucrecia agrippa fermement les barreaux de la cage et émit un grondement de frustration en constatant qu’ils lui opposaient toujours la même résistance.
C’était anormal.
A cette heure-ci, le fer aurait dû adopter la flexibilité d’un élastique, vaincu par la puissance du sortilège de son allié. Elle aurait dû se trouver dehors, loin de cette infernale prison, occupée à goûter avec délectation la saveur de la liberté.
Une grimace amère déforma son visage.
Elle devait être informée de la situation.
Elle s’assit en tailleur et ferma les yeux pour tenter de contacter celui qui était censé lui offrir le moyen de s’évader. Echanger avec lui était complexe, mais possible lorsqu’on était capable d’atteindre un haut niveau de concentration. Lucrecia avait l’habitude. C’était un exercice éprouvant qui requerrait qu’elle plonge dans les profondeurs de son inconscient, et un voyage périlleux au cours duquel on pouvait aisément se perdre, mais elle ne rechignait jamais devant l’effort.
Elle possédait la force.
Une fois de plus, elle s’abandonna au chaos des tréfonds de son être. Pendant de longues minutes, elle sua à grosses gouttes pour tenter d’établir la communication. Elle ressentait la présence de son allié. Il était proche, mais quelque chose lui barrait la route et il restait résolument inaccessible…
— Lucrecia ?
La voix de Jackall résonna comme un appel distant dans les limbes de son propre esprit. Sa concentration était trop profonde pour que sa conscience interprète correctement les signaux envoyés par ses sens.
Elle tressauta à peine.
Depuis la cage adjacente, Jackall l’observait avec inquiétude.
— Que se passe-t-il ? poursuivit-il dans un murmure étouffé.
Elle ne réagit pas davantage.
Un voile d’inquiétude traversa le regard de son compagnon. A l’évidence, tout ne se passait pas comme elle l’avait prévu. Il n’en fallait guère plus pour le convaincre que leur plan d’évasion, qui reposait entièrement sur l’intervention de son mystérieux allié, était compromis. Si le mage demeurait silencieux, la partie allait se corser.
Il crispa le poing.
La situation lui échappait. Il n’avait pas l’habitude de déléguer la responsabilité des opérations à autrui. Précisément à cause de ce genre de cas.
— Je savais qu’on ne pouvait pas lui faire confiance, siffla Ravenna dans la geôle voisine. On aurait dû se débarrasser d’elle dès le début !
— Et qui nous aurait tirés de là, alors ? rétorqua Jackall. Tu en connais beaucoup, des moyens de s’échapper d’Og-Domar ? Moi non.
L’angoisse le rendait nerveux. Il était plus acerbe qu’il ne l’aurait souhaité.
— C’est la prison la mieux gardée des Enfers, poursuivit-il d’une voix qu’il voulut patiente. Lucrecia est la seule à avoir un moyen d’en sortir. Et je te rappelle que c’est grâce à elle qu’on est encore en vie.

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