Bonjour les bookineurs !
Comment allez-vous après cette première semaine de mai ?
Je retrouve un peu mon rythme de lecture, même si une vilaine rhinite est venue m’embêter cette semaine (en même temps avec les allergies, je n’ai pas fini de faire des rhinites !).
Ma #VendrediLecture de cette semaine est la prochaine publication des Editions Taurnada, Requiem des ombres de David Ruiz Martin. Un thriller à paraître jeudi prochain !
Bon vendredi et bon week-end !

Prologue
La brume est dense, poisseuse. Si palpable que je parviens à la sentir au bout de mes doigts engourdis. Elle m’enveloppe de ses bras monstrueux. M’empêche de tout mouvement. Me garrotte et me rend aveugle. Un mur de vapeur froide me maintient hors du temps. Masse imperceptible où il est vain de me débattre. J’éprouve de la peur/ Ainsi que cette folie contagieuse, en embuscade. Elle se faufile comme une mélodie exaspérante qui fredonne encore et encore.
Une inhumanité annihile mes pensées et alourdit mes pieds. Ils traînent sous mes rotules endolories, ensanglantées par la chute et les coups. Mon bras gauche semble mort. Mes yeux me trahissent. La brume obstrue toute vision. Je ne distingue rien, mais la douleur est vive.
Alors, la réalité me revient telle une gifle.
Ici, plus rien ne m’attend, sinon le vide.
Et ces cris, qui hantent mon esprit. Ces hurlements lointains, pourtant si proches.
Les siens et ceux… de l’autre…
Elle est là. Silencieuse. Oppressante. Elle épie l’enfant que je suis. Sa présence infâme me paralyse. La frayeur s’immisce et la brume se jette sur moi. Un sentiment d’horreur se profile, tel un serpent sur une dune de sable : cette sensation que quelque chose de cruel, de barbare, est survenu.
Le silence m’entoure et tout paraît soudain sans vie.
L’absence du moindre son me terrifie. La mort m’enlace. Son odeur d’abord, froide et inéluctable, puis cette certitude qu’il n’est plus.
Je suffoque.
Mon cœur saigne.
Mais les larmes ne viennent pas.
Alors les ténèbres m’envahissent.
Et la brume m’a à sa merci.
Comme avant.
Comme toujours.
Je me nomme Donovan Lorrence. J’ai 56 ans aujourd’hui. Mais je suis mort à 14.
