Premières lignes #202

Bonjour les bookineurs !

J’espère que vous allez bien en cette fin de semaine. De mon côté, je profite de mon dernier jour de vacances, avant la reprise de lundi. Et coup de chance, il va encore faire beau aujourd’hui !
Côté lecture, j’ai commencé hier soir la lecture de Quand je serai grand d’Alexis Marzocco (auto édition).

Bon vendredi et bon week-end !

PROLOGUE

« Non mains t’inquiète, tu verras, les mecs accusés de viols sont les plus cools, en général… »
Les grilles se refermèrent derrière moi avec un claquement sec, automatique. L’une après l’autre, les portes de la prison se débloquaient, s’ouvraient puis se reverrouillaient, composant une mélopée à nulle autre pareille. Marchant au rythme de mon binôme, j’étais comme hypnotisé par ce bruit incessant, qui paraissait se répandre dans les fondations même du centre pénitentiaire. Des coups sourds vibrant à travers les murs. Le tintement des clés accrochées à la ceinture du maton. La litanie des talkies-walkies, source de voix nasillardes et parasitées.
— C’est impressionnant, mais on s’y fait vite, assura Julien, mon formateur de fortune. Le tout est de ne pas oublier de récupérer sa carte pro ou ses affaires en repartant. Entre les casiers, les sas et les contrôles de sécurité, on a tôt fait de paumer un truc.
Je n’émis pour toute réponse qu’un vague son étranglé. Devant nous, un des gardiens nous introduisit dans le parloir.
La salle était exiguë, mal éclairée, presque sordide. Une table. Trois chaises. Aucune fenêtre. Des murs nus et effrités, couverts de graffitis discrets.
— Patientez une petite minute, déclara-t-il. Il arrive.
Mon collègue acquiesça en silence et prit place face à la porte. Je déglutis avec nervosité.
— Normalement, on nous dit de nous asseoir dos à la porte, m’expliqua-t-il, histoire de partir plus vite en cas de pépin. Mais en pratique, on ne le fait jamais. Autrement, le détenu nous verrait le dos tourné en entrant et ce ne serait pas terrible.
Je répondis par un sourire forcé. Mon coeur battait la chamade. Je ne savais pas ce que je fichais ici. C’était de l’inconscience. Pire : c’était de la folie.
— Au fait, on t’a filé la trame ? Pour les questions ?
— O… Oui, bafouillai-je.
— Bon. De toute façon, on fait l’entretien à deux. J’interviendrai si tu as du mal.
Mon regard se porta sur le gros interrupteur rouge intégré au mur dans un boîtier de couleur jaune et noir. Le bouton d’alarme. Je l’avais tout de suite repéré à mon arrivée. Je me voyais déjà l’actionner, pris de panique, lorsque ce malade déciderait de nous sauter dessus.
Des voix retentirent non loin, suivies de pas dans le couloir. J’avais la boule au ventre, les mains moites et la gorge sèche. Une seconde plus tard, la porte du parloir s’ouvrait de nouveau, laissant paraître un vieil homme voûté, chauve, vêtu d’un chandail rapiécé et d’un pantalon sombre.


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