Bonjour les bookineurs !
Comment allez-vous ?
La fatigue s’accumule, les enfants sont de plus en plus surexcités (si si encore plus que d’habitude !), mais il ne reste plus qu’une semaine avec de profiter des vacances et des fêtes de fin d’année (déjà la fin de 2021…).
Comme chaque vendredi, je vous partage les premières lignes de ma #VendrediLecture et aujourd’hui, il s’agit de Le sourire contagieux des croissants au beurre de Camille Andrea (Editions Plon).
D’ailleurs, un concours pour gagner ce roman et trois autres des Editions Plon est en cours sur mon compte Instagram. 😉

Première partie
Le philosophe
qui vendait des hot-dogs
Le gobelet de café
à un million de dollars
— Un million de dollars ?
La réception sur les épaules d’un piano à queue Steinway & Sons tombé accidentellement du vingt-troisième étage ne me causerait plus grand effet. Bien sûr, sur le coup, je pense à une blague. Il ne peut en être autrement. Je lève le nez de mon smartphone et scrute le visage du vendeur à la recherche d’un sourire complice, d’un éclat dans le regard qui trahirait un trait d’humour. Mais tout chez mon interlocuteur inspire sérieux, bonté et confiance. C’est un très vieux bonhomme, de type hispanique, aux yeux plissés et à la peau sombre ratatinée comme une prune brûlée par un soleil que l’on ne trouve pas sous ces latitudes.
— Un million de dollars ? je répète, stupéfait. Un million de dollars pour un simple gobelet de café ?
J’éclate de rire et me retrouve pour prendre à témoin les autres clients mais je réalise aussitôt que je suis le seul. Autour de moi, les New-Yorkais, enveloppés dans de grands manteaux d’hiver, vaquent à leurs occupations, indifférents à la scène irréelle qui se joue devant eux. C’est pourtant difficile de ne pas nous voir. Le chariot est installé en plein milieu du trottoir et le vieux est assis sur une chaise de camping, à ses aises, ne semblant même pas se rendre compte qu’il force les passants à le contourner, ou s’il s’en aperçoit, ne se souciant guère de la gêne occasionnée.
— Tu m’as l’air d’être un homme intelligent. Tu ne payerais pas autant pour un « simple gobelet de café », pas vrai ? relève le marchand sur un ton calme et posé. Par contre, pour le café qui va changer ta vie…
