Premières lignes #139

Bonjour les bookineurs !

J’espère que vous allez bien.
Cette semaine, je ne l’explique pas, mais la fatigue me gagne ! Ce qui ne m’arrange pas puisque demain je prévois d’aller au Salon du livre de Wallonie à Mons (en Belgique) alors il va falloir tenir pour faire les 2 heures de route (aller).
Côté lecture, j’ai très peu lu cette semaine. Je l’ai dit, je suis fatiguée mais aussi, ça a été une semaine de réunion, de travail administratif… Et j’ai beaucoup travaillé sur le blog donc forcément pendant ce temps-là, je ne lis pas !
Sans surprise, ma #VendrediLecture est le roman que j’ai commencé lundi soir, c’est-à-dire
Nos baisers sous la neige de Karen Swan (Editions Mon Poche).

Bon vendredi à tous et bon week-end !

Prologue

21 janvier 1951

La flamme de la bougie vacilla, lorsque le vent entra en tourbillonnant par les interstices laissés par les nœuds du bois, mais rien d’autre ne bougea – ni les brins de paille qui jonchaient le sol, ni aucun de ses cheveux noirs qui, relâchés, entouraient son visage -, et son regard demeura braqué sur la porte et le mince rectangle lumineux qui l’encadraient.
Elle était là depuis trop longtemps déjà. Aucune âme ne s’était aventuré dehors et la neige épaisse était son unique alliée aujourd’hui, recouvrant ses empreintes de pas et garantissant le secret de son escapade.
Elle se sentit comme une sculpture de cire en train de fondre lentement, tandis que la neige gouttait sur le sol en cercle autour d’elle et maculait le bois de traces noires. Elle se balança doucement sur le tabouret pour que son sang circule, tout en sachant qu’elle ne pourrait plus rester très longtemps.
Nichée au creux de ses mains comme un cœur en argent, la clochette en étain était prêt à tinter pour offrir sa réponse. Elle s’était réchauffée à son contact. Ses paumes la serraient délicatement, la lanière de cuir rouge enroulée autour de la blancheur de son poignet.
Un son extérieur parvint jusqu’à son oreille. Elle ne fit plus aucun bruit. Son corps se raidit, tandis qu’elle fixa avec davantage d’intensité l’encadrement lumineux autour de la porte? Il avait perdu de son éclat à présent. Il s’estompait. Le lointain claquement de fouet qu’elle avait entendu fut remplacé par le grondement sourd des montagnes qui bougeaient, se défaisant d’une surcharge neigeuse comme elles l’auraient fait d’un manteau de fourrure inopportun. Elle avait grandi avec ce bruit, on aurait dit les ronflements d’un grand-père à l’arrière-plan pendant qu’elle s’amusait avec ses jouets. Mais celui-ci était différent. Le sol tremblait sous ses pieds et quand elle leva à nouveau les yeux, l’encadrement lumineux autour de la porte s’était éteint, comme si le soleil était tombé du ciel.
Deux secondes à peine s’écoulèrent, elle n’eut pas le temps de crier, ni même de reprendre son souffle. L’instant d’après, la neige porta son coup.

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