Premières lignes #136

Bonjour les bookineurs !

Comment allez-vous ?
Je dois dire que je ne vois plus passer le temps. Il faut avouer que ma semaine a été très chargée et entre le début du NaNoWriMo et la préparation de la rentrée (youhou ! avec le retour des masques pour les enfants…), le temps me manque pour lire. La preuve ; ma #VendrediLecture est toujours ma lecture du début de semaine, autrement dit
Tu me manqueras demain de Heine Bakkeid (Editions Pocket). C’est donc en compagnie des premières lignes de ce roman que je vous laisse.

Bon vendredi et bon week-end !

Sept minutes

A dix-sept heures trois arrivent les regrets. Un torrent de regrets paniqués alors que je halète et je suffoque. Je tressaille, je tremble, je gigote pour me libérer, en vain.
Deux minutes plus tard, cette respiration éperdue a enfin cessé. Je me rends compte que je n’ai plus besoin d’oxygène, je suis juste là, pendu à la corde, à sentir le système s’éteindre, élément par élément.
Dix-sept heures huit et j’entends l’eau cingler violemment le carrelage au-dessous de moi. Un bruit rauque et dissonant sourd de ma gorge, les larmes ou la condensation roulent sur mes joues, emportant dans les bondes ce qui subsiste de moi. J’ai froid.
Puis la voilà. Devant moi, aussi grise que le reste de la pièce. Je voudrais rire, jubiler de la revoir. J’essaie d’ouvrir la bouche pour le lui dire, lui dire que c’est là tout le bonheur qu’un humain peut ressentir. Au lieu de quoi, j’entends un craquement et me retrouve par terre l’instant suivant. L’eau des douches de la prison lave mon visage, l’aiguille de l’horloge avance d’un cran.
Dix-sept heures dix.

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