Bonjour les amis !
Voilà presqu’un an que je n’ai publié une interview ! Je ne m’étais pas rendue compte que cela faisait aussi longtemps… J’ai presque honte, car j’adore donner la parole aux auteurs. Cela rend cette reprise encore plus spéciale et merveilleuse. 🙂
D’autant plus que pour la rentrée des interviews, c’est Ravenna Waress, autrice auto éditée d’une trilogie post-apocalyptique que j’ai dévoré cet été, qui me fait l’honneur d’être des nôtres pour ce week-end. Je pourrai évoquer une fois de plus les débuts de l’autrice quasiment en parallèle que mes débuts de blogueuse, qu’elle est à l’origine de mon premier SP (que j’avais lu sur ma tablette à m’en exploser les yeux)… Mais vous connaissez déjà tout ça.
Je ne vais pas blablater plus longuement et je laisse la parole à Ravenna.
Bon samedi à tous !

- Bonjour Ravenna. Pouvez-vous vous présenter en quelques mots pour les lecteurs qui ne vous connaîtraient pas encore ?
Je suis avant tout maman de deux charmants garçons de 7 et 3 ans. Mon parcours professionnel a débuté dans le commerce, puis je me suis dirigée vers le soutien scolaire avant de sauter le pas tout récemment pour me consacrer entièrement à l’écriture et faire de mon activité d’autrice mon métier à part entière.

- Que représente l’écriture pour vous ? Depuis quand écrivez-vous ?
J’ai commencé à écrire quand je me suis véritablement intéressée à la lecture, j’avais douze ans. Avant cela, j’étais fâchée avec les livres, je crois qu’ils me faisaient peur… mais lorsque j’ai plongé, ce fut une véritable révélation. Mes écrits sont restés secrets pendant des années, par pudeur sans doute et surtout par manque de confiance. Ce n’est qu’à l’âge de 21 ans, grâce au soutien de mon conjoint, que j’ai enfin osé révéler ma passion à mes proches.
Que représente l’écriture pour moi ? Un indispensable, un impératif dans ma vie quotidienne. J’ai besoin de lire ou d’écrire sans quoi mon moral et mon humeur s’en trouvent affectés. L’écriture est un exutoire qui me permet de libérer toutes les émotions souvent difficiles à contenir ou même à comprendre.
- Vous êtes l’autrice d’une trilogie dystopique, E16. Pouvez-vous en parler ?
E16 est une dystopie post-apocalyptique mettant en scène trois personnages issus d’univers opposés. Le récit débute 24 ans après une pandémie responsable de la quasi-extinction de l’humanité. Le monde que nous connaissons se compose de ruines où la nature a repris ses droits. Notre société est révolue et l’un de mes challenges consistait précisément à porter un regard neuf et critique sur notre mode de vie actuel, sur sa superficialité parfois, mais cela permet également d’apprécier davantage le confort dont nous bénéficions aujourd’hui.
L’idée du virus de l’E16 est née d’un rêve dans lequel il était justement dangereux, voire mortel, de dormir. Ensuite, les protagonistes se sont dessinés naturellement. Il était important pour moi qu’ils se dépeignent en nuances de gris. Je voulais des anti-héros. D’ailleurs, pour la petite histoire, après sa lecture du tome 1, l’une de mes bêta-lectrices a clairement exprimé son antipathie pour Tristan qui a pourtant ravi les cœurs lors de la sortie du roman. Ils présentent tous les trois des qualités et des défauts que l’on peut retrouver dans certaines situations actuelles, comme l’indifférence face à la détresse d’autrui avec quelques questions sous-jacentes « Jusqu’où sommes-nous prêts à aller pour atteindre nos objectifs ? À quel moment basculons-nous du mauvais côté, à quel niveau se situe la jauge ? ». J’aime aussi traiter la question du dépassement de soi pour le bien des autres et notre capacité à nous adapter pour survivre.
- Qu’avez-vous ressenti au moment de mettre le point final du dernier tome de votre trilogie, E16 : Délivrance ?
Ce que j’ai ressenti ? Un trop plein d’émotions ! Les larmes ont coulé. J’avoue que je ne m’attendais pas à tel déferlement.
L’aboutissement d’une aventure de sept années…
Mes personnages arrivaient enfin au terme de leur quête. Après tant d’épreuves, tant de drames, de remises en question, j’ai jugé qu’ils l’avaient mérité et j’étais heureuse pour eux.
Derrière mon écran, j’ai vécu une véritable consécration. Un moment d’émotion pure bien solitaire, c’est vrai, mais unique et primordial. Ce moment a sonné comme une confirmation, une évidence. Ressentir tant de choses en donnant vie à des personnages fictifs, en les maltraitant, en les maternant aussi, ne peut qu’en attester : je suis faite pour cela. Je suis romancière.
- Pourquoi avoir choisi l’auto-édition pour diffuser vos romans ?

Lorsque j’ai achevé mon premier tapuscrit en 2012 (il s’agissait d’un autre roman que Résistance), je ne connaissais rien au milieu de l’édition. J’ai suivi le chemin évident en proposant mon ouvrage aux maisons d’édition. Naturellement, comme de nombreux auteurs, j’ai reçu plusieurs réponses négatives, voire pas de réponse du tout, jusqu’au jour où une proposition sérieuse est arrivée avec un contrat d’édition à compte d’éditeur. En discutant des termes du contrat, mon interlocutrice m’a finalement indiqué que mon roman était beaucoup trop volumineux et donc pas rentable en l’état. On me demandait de le diviser en deux. J’ai vraiment essayé, mais il ne s’agissait pas seulement de « couper » le pavé en deux, je devais remanier toute la trame pour offrir aux lecteurs un premier tome abouti et un deuxième suffisamment consistant. Je n’ai donc pas donné suite à cette offre survenue plus d’un an après mon envoi et surtout parce que je travaillais déjà sur E16.
Quand j’ai terminé Résistance en 2015, le fichier final était plus volumineux que celui proposé précédemment aux éditeurs… leur soumettre aurait donc été une perte de temps. De plus, au fil des années, j’ai pu découvrir les différents métiers de ce milieu et professionnaliser mon processus d’édition en m’entourant des bonnes personnes. Je n’en suis encore qu’à mes débuts, mais j’ai beaucoup appris et j’apprécie aujourd’hui chaque rouage de cette activité d’autrice indépendante.
- Comment se déroule votre processus d’écriture ? Avez-vous un plan défini ou vous laissez-vous guider par votre plume au fil de l’histoire ?
Je dirais les deux. J’ai une trame directrice. Je connais la destination de mes personnages et le cap qu’ils suivront. J’ai une vision plus ou moins précise des paysages qu’ils traverseront et des rencontres, des épreuves qui leur permettront d’évoluer. Pour Résistance, j’ai laissé beaucoup de liberté à mes protagonistes qui n’en faisaient qu’à leur tête avec pour résultat un nombre de mots hors norme.
Pour Dissidence et Délivrance, j’ai dû revoir ma méthode (avec plus ou moins de succès !) et cadrer davantage les différentes scènes pour aller à l’essentiel.
- Quels sont vos projets d’écriture à venir ?
J’en ai beaucoup en tête à différents stades de gestation. Je ne sais pas encore dans quel ordre ils sortiront. Je prévois notamment une duologie d’anticipation (que je peine un peu à classer pour le moment), j’envisage aussi une duologie et trois trilogies d’urban fantasy (dont deux histoires différentes dans le même univers), ainsi qu’une dystopie en trois ou quatre tomes. Je vais être occupée pendant un certain temps !
- Merci beaucoup d’avoir répondu à mes questions et merci de votre fidélité à Des plumes et des livres. Avez-vous un petit mot pour la fin ?
Oui : merci.
Merci à vous, Aurore, pour votre soutien durant ces cinq années, merci de me donner la parole à travers cet interview et merci à tous les lecteurs qui ont accordé un peu de leur temps à la trilogie E16. Cette aventure prend vie grâce à vous tous.
Interview réalisée en septembre 2021.
Retrouvez Ravenna Waress sur son site internet, où en plus de parler de ses livres et de ses personnages, elle vous parle de son choix d’édition et ses articles sont très instructifs !
Les romans de Ravenna Waress sont disponibles au format Kindle mais aussi au format broché -> aller à la page auteur Amazon.
Ravenna Waress sera encore à l’honneur sur le blog dès demain avec son interview lectrice cette fois ! 🙂


