Premières lignes #128

Bonjour les bookineurs !

J’espère que vous allez bien. Le temps continue de filer à une de ces vitesses… Les jours passent et j’ai l’impression qu’il me manque énormément d’heures pour faire tout ce que je souhaiterai faire dans une journée !

C’était prévisible, avec la reprise je lis moins. Pas moins vite, juste moins. Parfois je suis une ou deux journées sans prendre un livre. Ce qui fait que ma lecture, même si elle est passionnante, n’avance pas vraiment. Je ne me laisse plus « bouffer » par le travail, maintenant je sais faire la part des choses mais j’essaie de me (re)mettre au sport, à la musique donc forcément je ne peux pas lire en plus tout le temps ! ^^

De ce fait, ma #VendrediLecture est toujours Envole-moi de Sarah Barukh (Editions Mon Poche). La bonne nouvelle, c’est que je lis toujours, même si ça ne sera plus plusieurs livres par semaine pendant quelques temps.

Bon vendredi à tous et bon week-end !

1.

Ce matin-là, je m’étais réveillée avec une douleur dans le bas du ventre. Une douleur que j’avais aussitôt reconnue. Ma quatrième FIV était en train de rater.
J’étais descendue à la plage. La saison venait de commencer, ce n’était pas le moment de flancher. Mais j’étais dévastée. J’avais enfilé ma tenue blanche, m’étais remis un peu de rouge à lèvres sans me regarder dans un miroir, impossible de me faire face, et j’avais attaqué cette journée. Attaquer, c’était vraiment le mot. Chaque geste me coûtait. Quand les clients s’adressaient à moi, je ne les comprenais pas. Le monde était passé en sourdine.
Mes mauvaises pensées m’envahissaient de nouveau : ma vie ne servait à rien, je n’étais que déception, je ne serais jamais comme les autres dans ce que ça avait d’agréable, j’étais celle que l’on regarde avec pitié et que l’on fuit de peur que le malheur soit contagieux. Une liste longue comme le bras que je connaissais par coeur. Des années que je la ressassais.
Mon téléphone sonna et je sursautai comme si une bombe venait d’exploser à quelques mètres. Sur l’écran : Marie. Marie ? Pourquoi m’appelait-elle après dix ans sans nouvelles ?
– Anaïs ? me demanda-t-elle quand enfin, je décrochai.
– Oui…, hésitai-je.
– J’avais peur que tu aies changé de numéro.
– Non.
– Je ne sais pas comment te dire ça. Mais j’ai besoin de toi.
Je souris. S’il y avait bien une chose dont je ne me sentais pas capable à ce moment-là, c’était d’aider quelqu’un.
– Ecoute, je suis au travail, là…
– C’est ma mère, m’interrompit-elle. Elle est morte.
Silence.

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