Premières lignes #127

Bonjour les amis !

Comment allez-vous en ce premier vendredi de septembre ?
J’avoue que ces deux derniers jours, je n’ai pas vraiment lu. Donc je ne peux pas dire qu’aujourd’hui j’ai une lecture en cours. De ce fait, je vous poste les premières lignes d’une de mes lectures de cet été :
Sauve-la de Sylvain Forge (Le livre de poche).

Et vous, avez-vous une #VendrediLecture ?

Bon vendredi et bon week-end !

1

Le crépuscule assombrissait l’horizon quand le vieux bus enchaîna ses premiers virages. Sur ses flancs, la peinture s’écaillait et le pot d’échappement crachait un épais nuage noir.
Elle avait choisi une place quelques rangs derrière le chauffeur, qui fumait comme un pompier.
A l’arrière, une dizaine d’hommes ne cessaient de la dévorer des yeux depuis qu’elle était montée à bord. Pourtant, elle n’avait rien d’affriolant avec ses vêtements sales et tachés de boue, ses traits ravagés par l’épuisement. Mais elle était la seule femme.
Le moteur émettait un bruit sourd et inquiétant dans les descentes. L’air lourd de l’habitacle, mélange de vieille sueur et de cigarillos, collait à sa peau.
Malgré ses efforts, elle n’était pas parvenue à ouvrir sa vitre ; chaque virage lui soulevait le cœur.
Ses yeux restaient fixés sur le dossier du siège devant elle, tandis que ses doigts serraient convulsivement son portefeuille. Elle repensait aux dernières heures et à son ami qui avait disparu. L’inquiétude la rongeait.
L’obscurité s’épaissit encore et les crêtes des montagnes s’estompèrent dans le noir. A un moment, le moteur ronfla et elle redressa la tête.

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