Bonjour les amis !
Premier rendez-vous du vendredi de septembre. C’est fou comment on reprend vite les habitudes au travail, à la maison. Fini le mode vacances et les journées à se la couler douce. Revoir du monde fait du bien, on se sent à nouveau utile. Seule ombre au tableau : même si ma motivation à lire est intacte, l’énergie n’est plus la même. Le soir c’est trop épuisée pour garder les yeux ouverts pour lire quelques lignes… Je me rattraperai ce week-end (ou pas, vu le travail qui m’attend ! ^^).
En attendant, je vous laisse en compagnie de l’incipit de ma #VendrediLecture, La fièvre de Sébastien Spitzer.
Bon vendredi à tous !
1
– Par pitié, laissez-moi !
Il est face contre terre, comprimé par un homme à genoux sur sa nuque. Sa pommette et son front tassent le sable du sentier. Un filet de sang dégoutte sous lui comme la poisse. Combien sont-ils ? Quatre ? Cinq ? Tous portent des toges blanches.
L’un d’eux pèse sur son dos et lui déboîte les bras, coudes aux reins, pognes au dos.
– Ahhh ! Pour l’amour de Dieu, je vous en prie. J’ai rien fait.
Un autre lui lie les chevilles si fort qu’il entrave ses artères. Son pouls bute contre le chanvre. Il a la bouche dans le sable et son cri s’y enterre parmi la bave et ce branle-bas d’effroi qui coagule. Un homme rôde en retrait, chasseur tapi dans l’ombre. C’est lui le chef de ces mauvais génies en toge qui hantent les campagnes depuis des mois maintenant, semant les cadavres, éparpillant le drame et ravivant l’idée que naître noir est une malédiction.
