Premières lignes #100

Bonjour les amis !

Cette semaine, je vous laisse en compagnie des Premières lignes du dernier roman de Marie de Palet, Le souvenir de Samuel (Editions de Borée), un roman de terroir que j’ai beaucoup aimé.

Bon vendredi à tous !

Le train se traînait de virage en tunnel comme un serpent malade qui sentirait sa dernière heure approcher. Les trois garçons, serrés dans un coin du wagon, regardaient la cohue silencieuse et grave tassée sur les banquettes dures avec des mines tristes et fatiguées. Augustin, le premier, hasarda à mi-voix :
– Vous croyez pas qu’on devrait foutre le camp d’ici ?
Les deux autres le regardèrent, un vague espoir au fond des yeux.
– Et où veux-tu qu’on aille ? répliqua Jean, le plus peureux. On ne connaît rien par ici.
– A l’allure où marche ce train, reprit Augustin, on ne risque pas de se faire bien mal en sautant.
– Et tous ces gens qui nous regardent vont tirer la sonnette d’alarme et on sera rejoints dans la minute qui suit.
– C’est risqué, je sais, mais pas plus que de partir pour l’Allemagne… Faites ce que vous voulez, les gars, mais moi, je me taille…
Les deux autres le regardèrent et Camille, qui n’avait rien dit jusque là, marmonna lentement :
– Je crois qu’Augustin a raison. il ne faut pas que nous arrivions à Marseille, car après ce sera plus difficile.
– Et si on est repris ?
– Tu as vu ces montagnes… et cette végétation ? Personne ne doit jamais y pénétrer… C’est l’été ; on peut survivre et on sera libres…

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