Premières lignes #79

Coucou la compagnie !

Pour notre rendez-vous du vendredi, je partage avec vous les Premières lignes d’une de mes lectures de la semaine, Les Anges de Babylone de Ghislain Gilberti (Cosmopolis Editions).

Bon vendredi !

PROLOGUE

SURTENSION

Les deux femmes se font face depuis plusieurs longues minutes, parfaitement immobiles, leurs regards emboîtés l’un dans l’autre. Les bras tendus ne fléchissent pas, ne tremblent pas : ils semblent s’étirer. Dans la main serrée de chacun, un flingue à la gueule béante vise la tête de sa rivale. Les mâchoires crispées grincent, mais les paupières ne clignent pas malgré la pluie torrentielle qui s’abat sur elles.
Cela fait trop longtemps que cette guerre des nerfs dure et Cécile Sanchez, déterminée comme jamais, est prête à faire feu. Ses cheveux détrempés lui tombent sous les épaules, et les gouttes glissent sur sa peau mate comme sur du kevlar pour continuer leur course sur la veste en cuir qu’elle porte. Le parcours semé de cadavres de Lolita, le stress d’une enquête qui s’est éternisée et les derniers événements tragiques ne laissent aucun doute sur la nécessité pour elle de poser un point final à cette traque qui dure depuis bien trop longtemps.
La borgne lui fait face. Manteau en cuir long, treillis et rangers sont d’un noir qui semble la faire se fondre à cette fin d’après-midi assombrie par les nuages et les ombres mouvantes. Extérieurement, elle demeure impassible, mais c en’est qu’une façade : un orage déchaîné est enfermé dans son corps tatoué. Ses longues tresses violettes tombent en cascade sur son crâne en feu dans lequel dansent la haine, la fureur et la folie dans une ronde chaotique. Son visage, barré en diagonale par sa large cicatrice, est traversé de spasmes nerveux.

Les Anges de Babylone

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