Premières lignes #74

Coucou la compagnie !

Il est des jours que l’on attend avec plus d’impatience que d’autres, le vendredi par exemple ! Parce qu’il est annonciateur d’un week-end, de repos (ou pas…), de calme, de lecture… 🙂 Bon, pour moi, cette semaine, ça a été un long week-end où j’ai été confinée toute la journée… 😦

Aujourd’hui je vous propose de découvrir l’incipit de l’une de mes dernières lectures : L’île du diable de Nicolas Beuglet que j’ai écouté en livre audio.

Bon vendredi à tous !

– 1 –

Sarah ouvrit les yeux et fixa le plafond de sa cellule. D’où provenait ce bruit qui l’avait tirée de son sommeil ? Le cerveau engourdi par les molécules d’anxiolytiques, elle se redressa maladroitement sur sa couchette et regarda autour d’elle.
Une lueur morne irradiait du néon du couloir jusque sous la porte blindée et, avec la même luminosité blafarde, son réveil indiquait 5 h 33 du matin. Au loin, le vrombissement fatigué de la ventilation, une toux précédant le grincement d’un sommier usé, et, dehors, la complainte étouffée du vent qui frottait entre les barbelés des remparts. Tout semblait normal.
La journée qui s’annonçait était certes particulière pour elle. Aucune raison que la prison et les trois cents autres détenues changent leurs habitudes.
Sarah suspendit sa respiration. Son ouïe à l’affût venait de saisir l’onde singulière qui différait de la familière litanie pénitentiaire. Diffuse, à peine perceptible, elle n’en était pas moins flagrante, maintenant qu’elle en devinait l’origine : le quartier des gardiennes. Des voix, bourdonnantes, nerveuses.
Elle repoussa ses couvertures et déroule la plante de ses pieds sur le sol glacé. Elle contourna le cabinet de toilette d’où s’échappait une âcre odeur d’urine, suivit le coin du lavabo de sa main et se posta devant la lourde porte verte, les yeux à hauteur du judas. La rumeur mouvementée était désormais plus distincte.

L'île du Diable

Laisser un commentaire