Premières lignes #73

Bonjour la compagnie !

Vous ne pouvez imaginer le choc quand je me suis rendu compte que je n’avais pas publié les Premières lignes de mon méga gros coup de coeur de l’année 2019 ! Ok, les rendez-vous étaient en pause au moment de ma lecture, mais quelle honte… Je me devais donc de corriger cet impair et c’est ainsi que ce vendredi, je vous laisse découvrir l’incipit de Surtensions d’Olivier Norek (d’ailleurs vous pouvez retrouver ma chronique ICI).

Très bon vendredi à tous !

PROLOGUE

La psy poussa le cendrier en verre devant elle. Malgré les stores aux trois quarts baissés, un rayon de soleil traversa la pièce et révéla les arabesques de fumée en suspens.
– Vous voulez bien me raconter comment tout a commencé ?
L’homme écrasa sa cigarette d’un tour de poignet.
– C’est une histoire qui a plusieurs commencements, dit-il.
La psy faisait nerveusement tournoyer son stylo entre ses doigts. Il était évident que l’homme en face d’elle l’intimidait.
– Vous savez au moins pourquoi vous êtes là ?
– Parce que j’ai tué deux personnes. Vous craignez que ça devienne une habitude ?
– Vous n’en avez tué qu’une. En légitime défense qui plus est. Pour le second cas…
Sec et impatient, l’homme ne la laissa pas terminer.
– Un membre de mon équipe est mort. C’est ma responsabilité. Ça revient au même.
Il fouilla dans la poche de sa veste et en sortit un paquet de cigarettes en mauvais état. Entre les doigts de la psy, le stylo tournait de plus belle.
– Personne n’a vécu ce qui vous est arrivé. Personne n’oserait vous juger. Je voudrais simplement que l’on reprenne du début, ensemble.
– Depuis le meurtre ou l’évasion de prison ?
– Un peu avant.
– Alors à partir de l’enlèvement du gosse ?
– C’est un bon départ. Et s’il vous plaît, n’oubliez rien.
L’homme haussa les épaules et s’alluma une nouvelle cigarette.
– Je ne vois vraiment pas l’intérêt, puisque ma décision est prise.
– J’insiste. De plus, dans ces circonstances, cet entretien est obligatoire, vous le savez.
Il tira une large bouffée, puis il céda, à contrecœur.
– Je m’appelle Coste. Victor Coste. Je ne capitaine au SDPJ 93.

Surtensions

Laisser un commentaire