
Broché – 352 pages
Publié le 2 janvier 2019
Editions Le Livre de Poche
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~ 4e de couverture ~
A la fin du mois d’avril 1945, Berlin est assiégé.
La femme la plus puissante du IIIe Reich se terre avec ses six enfants dans le dernier refuge des dignitaires de l’Allemagne nazie. L’ambitieuse s’est hissée jusqu’aux plus hautes marches du pouvoir sans jamais se retourner sur ceux qu’elle a sacrifiés. Aux dernières heures du funeste régime, Magda s’enfonce dans l’abîme, avec ses secrets.
Au même moment, parmi les colonnes des survivants de l’enfer des camps, marche une enfant frêle et silencieuse. Ava est la dépositaire d’une tragique mémoire : dans un rouleau, elle tient cachées les lettres d’un père, Richard Friedländer, raflé parmi les premiers Juifs, fut condamné par la folie d’un homme et le silence d’une femme : sa fille.
Elle aurait pu le sauver. Elle s’appelle Magda Goebbels.
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~ Mon avis ~
J’avais beaucoup apprécié la plume de l’auteur en découvrant son dernier roman, Le coeur battant du monde. Cette fois-ci, Sébastien Spitzer romance la vie d’un autre personnage secondaire de l’Histoire avec Madgalena Goebbels, épouse de Joseph Goebbels, le sinistre ministre de la propagande nazie.
Dans Ces rêves qu’on piétine, nous vivons aux côtés de Magda ses dernières heures dans le bunker qui a abrité Hitler et tous ces proches collaborateurs. Elle revient sur son enfance, ses années dans un pensionnat, son ascension sociale, son implication dans l’idéologie nazisme. En parallèle, nous suivons Ava, petite fille de quelques années, née dans un camp, en fuite avec sa mère et d’autres compagnons d’infortune, qui détient une part de l’Histoire mais aussi de l’histoire de Magda, celle de son père. Richard Friedlhãnder. Un Juif.
Sébastien Spitzer décrit dans ce roman le destin d’une femme hors norme. Il s’est beaucoup documenté et cela se ressent à la lecture de ce livre. Nous sommes plongés dans l’Allemagne de la fin de la Seconde Guerre Mondiale, au moment de sa débâcle. Il promène aisément son lectorat entre l’univers luxueux de Magda et l’enfer et la misère des camps de concentration. Le lien entre ces deux univers que tout oppose ? Ce rouleau de cuir, précieux aux yeux de Judah, puis de Fela et enfin d’Ava, qui contient les lettres d’un père à sa fille, puis de nombreux autres juifs témoignant de leur vie.
On oublie rapidement qu’il s’agit d’un roman (bien que s’appuyant sur des faits réels). Tellement l’écriture de l’auteur nous happe dans cette part sombre de l’Histoire. On s’y croirait réellement.
Jusqu’à la toute fin, Ces rêves qu’on piétine nous tient en haleine.
Un roman indispensable au devoir de mémoire.
A lire, incontestablement.