Bonjour la compagnie !
Aujourd’hui c’est le dernier jour avant les vacances. Et oui, encore ! Ah ! Ces profs, toujours en congés… ^^
Bref, au moins, cette perspective aide à maintenir le moral à flots. 🙂 Avant que le printemps ne s’installe définitivement, je vous laisse en compagnie des Premières lignes de L’Impératrice des Glaces de Melody Gasnier.
Bonne lecture et bon vendredi. 😉
~ Prologue ~
De toute sa vie de sorcier, qui était déjà bien longue, jamais Aramor n’avait vu un tel massacre. Pourtant, il avait assisté à bien des batailles, participé à des guerres où la loi n’avait pas sa place, lieu terrible où les hommes s’entretuaient, se laissaient mourir sur l’herbe, les entrailles à l’air. Il avait aussi été témoin de scènes de tortures, de celles où tous les moyens étaient bons pour faire avouer quelque chose, même n’importe quoi, à une pauvre victime qui subissait tous les supplices imaginables. Aramor ne pouvait cacher qu’il avait lui aussi donné la mort. En tant que sorcier principal de l’Empire, il n’avait hélas parfois pas eu le choix. Cela faisait partie de son rôle. Et lorsqu’il tuait, ce n’était pas avec des armes. Il se servait de ses pouvoirs. Et même si cela donnait l’impression d’avoir une mort propre, sans une seule goutte de sang, Aramor savait qu’il n’en était rien. Quand il détruisait une vie, c’était en arrachant une âme. Cela n’avait rien de propre en vérité, c’était même assez horrible. Aramor trouvait que se servir de ses pouvoirs de cette manière était un crime envers la magie elle-même. Car cela relevait bien plus de la magie noire que de la magie blanche. D’ailleurs, celui qui avait commis un tel carnage dans ce petit village devait bien maîtriser cet art sombre. Aramor le sentait tout autour de lui, comme si l’air en était encore imprégné. Cependant, rien ne laissait penser que de la sorcellerie avait servi ici.
Des corps démembrés, ressemblant à présent plus à de la bouillie pour certains qu’à des êtres humains, souillaient la terre de ce village. Le sang arrosait le sol, trop rouge pour que la prochaine pluie ne puisse effacer les traces de ce désastre. Même les enfants n’avaient pas été épargnés. Des têtes innocentes, aux yeux révulsés par la peur et l’incompréhension, avaient été jetées négligemment dans un coin, bien loin du reste des membres. Aramor avait le sentiment que l’on s’était amusé avec ces crânes, comme si les auteurs de ces crimes avaient voulu les prendre pour des ballons. C’étaient des armes qui avaient fait cela. Seuls les tranchants d’épée et de hache auraient pu donner un résultat aussi net. Ce constat lui souleva le coeur. Le sorcier ne supportait pas que l’on s’en prenne ainsi à des enfants.
Des oiseaux commençaient à picorer les entrailles de ceux dont les ventres avaient été déchirés. D’autres mangeaient les yeux grands ouverts des cadavres. Aramor les chassa d’un revers de la main alors qu’il continuait à avancer dans le village sinistré. Outre le sang qui empoissonnait l’air et la terre, le feu finissait de ravager les demeures en bois. Ceux qui avaient fait cela ne tenaient pas à garder une trace de cet endroit. Le sorcier ne comprenait pas pourquoi. Ce village n’avait aucun intérêt à subir de telles foudres. Il était à l’écart de tout. C’était un pauvre village de fermier, des humains qui tentaient de survivre dans ce monde sans rien demander à personne. Qui avait pu vouloir faire disparaître de la carte un pareil lieu ?
